Le poids du streaming dans le Top Albums nouvelle formule

La semaine dernière (16 au 22 septembre 2016), une avalanche de records a été enregistrée sur le front du streaming en France par l’album « Dans la légende » du duo de rap PNL, sorti chez QLF Records/ Musicast.
Avec les titres de son album, le groupe s’est arrogé 16 des 20 meilleures positions du Top Streaming de la semaine et 9 des 10 meilleures, y compris la toute première, dévolue à la chanson « Naha ».
Celle-ci s’est offert le luxe de battre le record du nombre d’écoutes en une semaine, cumulant 3,64 millions de streams sur les différentes plate-formes audio, d’après le site purecharts.fr.
De plus, elle est devenue la toute première chanson à entrer directement Numéro 1 dans la courte histoire du Top Streaming, lancé en septembre 2014 par le Snep et GfK.
On pourra difficilement faire mieux que ce quasi monopole des PNL sur le front du streaming.
Et c’est là que cela fournit un élément d’analyse chiffrée très intéressant à souligner.
Depuis le lancement par le Snep d’un Top Albums combinant ventes réelles et écoutes en streaming (voir http://muzhit.com/?p=325) en écho à un modèle déjà répandu dans les classements des plus grands marchés internationaux de la musique enregistrée, se posait la question de l’incidence du streaming sur un tel classement hybride.
Et là, grâce au tsunami PNL, on en a la réponse :
D’après les chiffres du Snep, l’album « Dans la légende » a réalisé un score combiné de 78 866 unités équivalent-ventes.
D’après le site aficia.info, il s’est vendu à 51 847 exemplaires.
Conclusion: dans l’état actuel du marché français et de la pratique du streaming, les performances d’un album peuvent être artificiellement gonflées d’un chiffre allant jusqu’à +27 000.
C’est donc de nature à propulser au moins dans le Top 3 tout album que les ventes pures auraient placé dans le Top 10, moyennant de très bonnes performances en streaming.
Le Snep a lancé le Top Albums combiné le 21/07/2016.
Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne, notamment, avaient eux aussi migré vers un Top Albums hybride mêlant ventes et écoutes en streaming.
Cette initiative continue de fournir matière à débat, notamment du fait de l’ubiquité du streaming, comptabilisé doublement, à la fois dans le Top Albums et dans le classement combiné des titres (pas encore lancé en France). De plus, il est difficile pour l’observateur de ne pas relever l’arbitraire, et donc le manque de sens, d’une conversion qui tient à mesurer d’un même étalon deux modèles bien distincts, l’achat d’une oeuvre complète et la location séparée de ses composantes.

Be the first to comment on "Le poids du streaming dans le Top Albums nouvelle formule"

Leave a comment