Les Disques d’Or désormais basés aussi sur le streaming

Le Snep, Syndicat National de l’Edition Phonographique, vient d’indiquer, le 13 septembre 2016, que désormais les écoutes en streaming compteront pour l’attribution des Disques d’Or qu’il décerne.
Et de communiquer les nouveaux seuils nécessaires pour l’obtention d’un disque d’or, de platine ou de diamant.
Le changement le plus spectaculaire concerne les titres (par opposition aux albums). Là où jusqu’à présent un titre devait dépasser les 250 000 ventes pour être Single de Diamant, dorénavant c’est 35 millions d’équivalents streams qu’il devra dépasser.
Équivalents streams ?
C’est cette unité hybride, combinant écoutes et ventes, où ces dernières sont multipliées par 150 pour être ajoutées aux premières.

Un « single » (en fait une chanson) d’Or correspondra désormais à 10 millions d’équivalents streams, le Platine étant décerné pour le double. Ces nouveaux seuils sont rétroactifs au 1er janvier 2016.

Cette nouveauté est un signal fort reconnaissant le poids du streaming sur le marché français mais aussi l’effondrement du marché du téléchargement légal.
En effet, depuis le début de l’année 2016, les numéros 1 du Top Singles hebdomadaire ont, à 5 reprises, battu le funeste record du numéro 1 aux plus faibles ventes de l’histoire, creusant encore et encore la fosse d’un segment désormais en train de disparaître. Le dernier de ces records a été signé, il y a 5 semaines, par Justin Timberlake, 1er du Top… avec 2100 ventes! Dans un pays de 67 millions d’habitants, cela pose une vraie question de sens, d’un classement sans relief franc et où le dernier du Top 200 écoule une poignée d’exemplaires sur un marché d’envergure nationale.
C’est sans doute sans grand regret que l’industrie musicale en France est en train de tourner la page de ces années de téléchargement, un épisode qui n’aura jamais réussi à rivaliser avec les volumes brassés à l’âge d’or du vinyle ou du CD-2 titres.
Un indicateur à cela: le nombre de singles certifiés, passé de 91 en 2001 à 14 en 2014, malgré la révision à la baisse, et par trois fois, en 2005, 2009 et 2013, des seuils d’attribution des disques d’or.

Avec le nouveau système annoncé, d’ores et déjà 50 singles ont été distingués d’une certification officielle, alors que l’année n’est pas encore terminée. Trois singles de diamant y figurent. Et il y en aura d’autres, les annonces se faisant désormais régulièrement au fur et à mesure.
Le titre « Cheap Thrills » de Sia restera comme le tout premier de 2016 à avoir franchi le cap des 35 millions d’équivalents streams, il en comptabilisait 40 millions à fin juin selon le bilan semestriel du Snep.
Il ne figure pas pour autant dans la première vague des certifications 2016 mise en ligne par le Snep, un oubli sans doute.

Le Snep a lancé les certifications officielles en 1973.
Le tout premier 45-tours a être certifié Disque d’Or a été « This World Today Is A Mess » de Donna Hightower, chez Decca, le 15 octobre 1973, pour plus de 500 000 exemplaires.
Le Disque de Platine fut introduit en mai 1980 pour des mises en rayons dépassant le million d’exemplaires.
« La Bonne du curé » d’Annie Cordy chez CBS et « Video Killed The Radio Star » des Buggles chez Phonogram furent, en juin 1980, parmi les premiers Disques de Platine de l’histoire des certifications françaises.
Enfin, le Disque de Diamant fut lancé en 1996 pour des mises en place supérieures à 750 000 exemplaires (entre-temps les niveaux d’or et de platine avaient été revus à la baisse). La « Macarena » des Los Del Rio chez Ariola / BMG fut le premier CD-2 titres à être distingué de cette certification.

En tout et pour tout, depuis 1973, 186 45-tours / CD singles / titres différents ont réussi à atteindre la meilleure certification possible à leur époque respective.
Michel Sardou compte 8 parmi ceux-ci et, en tant que tel, détient le record absolu.
Macklemore et Ryan Lewis sont, eux, détenteurs du Titre de Diamant le plus lent de l’histoire, 3 ans et 2 mois s’étant écoulés entre la sortie de « Can’t Hold Us » et sa certification officielle.

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